Annoncées par le Président de la République en janvier, les Assises nationales et territoriales de lutte contre les actes antireligieux ont débuté leurs travaux fin mai.

Il s'agit de mieux comprendre ces phénomènes (agressions physiques et verbales, assassinats et terrorisme, vols et destructions de biens, discours de haine) pour proposer aux pouvoirs publics des moyens renouvelés de lutte, préventifs comme répressifs.

Le groupe de travail est dirigé par le Professeur Philippe Gaudin (Ecole pratique des hautes études) et comprend une quinzaine de membres, dont deux juristes ; Evan Raschel, Professeur de droit privé et sciences criminelles à l'Ecole de Droit, tient la responsabilité du sous-groupe "Politique pénale".

Les assises sont organisées par le Bureau central des cultes du Ministère de l'Intérieur, et ont lieu chaque semaine place Beauvau. Le groupe de travail rendra son rapport début novembre. 

La hausse préoccupante des actes antireligieux en France fait l’objet d’une vigilance accrue du Gouvernement qui est pleinement engagé pour prévenir et lutter contre ces faits qui portent une atteinte grave au libre exercice du culte dans notre pays.

En effet, 2 489 actes antireligieux ont été recensés par la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT) en 2025. Ce phénomène concerne tous les cultes avec, en 2025, 1 320 actes antisémites, 843 actes antichrétiens et 326 actes antimusulmans, tous en hausse très nette depuis 2023.

Une hausse des actes antireligieux était déjà observée dans le rapport parlementaire rédigé par les députés Isabelle Florennes et Ludovic Mendès en 2022. Celui-ci soulignait non seulement le maintien de ces actes à un niveau durablement élevé mais aussi une intensification de leur violence ainsi qu’une probable sous-estimation de leur ampleur réelle. Le rapport formulait en outre plusieurs recommandations opérationnelles visant à renforcer la lutte contre ces phénomènes, dont certaines ont depuis été mises en œuvre.

En 2025, les actes antireligieux ont atteint un niveau de gravité préoccupant avec les assassinats d’Aboubakar Cissé à la mosquée de la Grand-Combe dans le Gard, d’Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens dans le Var et du chrétien assyro-chaldéen Ashur Sarnaya à Lyon.

Motivés par le rejet de l’appartenance religieuse vraie ou supposée de la victime, ces actes touchent au plus intime des personnes et des communautés et portent atteinte à la liberté de conscience et à la liberté d’exercice du culte.

Dans ce contexte, lors de ses vœux aux cultes, le 12 janvier 2026, le président de la République a annoncé le lancement d’Assises nationales et territoriales de lutte contre les actes antireligieux avec pour objectifs :
  • de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés pour mieux comprendre et connaître le phénomène des actes antireligieux, selon une approche de dialogue ;
  • de bâtir une approche commune de prévention et de sûreté, pour amplifier les actions locales de sécurisation des lieux de culte ; 
  • d’identifier des pistes nouvelles afin de mieux documenter, prévenir – par la formation, le dialogue et la pédagogie – et réprimer ces actes.
Ces Assises auront une portée interministérielle en mobilisant les ministères de l’intérieur, de la justice, de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la culture, ainsi que la ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

La Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) en assurera le suivi en lien avec la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH). Elles s’organiseront localement, les préfets de département étant chargés de leur mise en œuvre, mais auront aussi une dimension nationale avec la création d’un groupe de travail chargé de réaliser un rapport.

Une dimension territoriale (d'avril à juillet 2026)
Les préfets seront chargés de réunir tous les acteurs concernés (forces de sécurité, représentants locaux des cultes, représentants des ministères concernés, société civile...) dans le cadre d'assises territoriales visant à formuler des propositions pour mieux prévenir et réprimer les actes antireligieux, eu égard aux constats faits dans leur département et, le cas échéant, des difficultés identifiées. Leurs propositions viendront ensuite alimenter les travaux du groupe de travail national.

Le groupe de travail (d'avril à octobre 2026)
Cette dimension territoriale sera complétée par la mise en place d’un groupe de travail national (GT) qui sera chargé d’analyser le phénomène des actes antireligieux dans toutes ses dimensions (sémantique, historique, géographique, juridique) et de faire un bilan des dispositifs existants. Au regard des éléments qu'il aura identifiés, il pourra formuler des propositions concrètes pour renforcer la prévention et la lutte contre les actes antireligieux.

Afin de le rendre opérationnel et pertinent, le Gouvernement a souhaité que ce groupe de travail soit composé d’universitaires qualifiés dans le domaine du droit, de l’histoire, de la sociologie et de la philosophie et de représentants des ministères impliqués dans l’organisation des Assises : intérieur, justice, éducation nationale, enseignement supérieur et culture. Il a également souhaité intégrer les représentants nationaux des cultes au sein de ce GT.

Ce groupe de travail aura pour mission d’auditionner un certain nombre d'experts, d'administrations compétentes, d'élus, autres cultes, etc., d’analyser les retours des assises territoriales et d’élaborer un rapport d'ici l'automne formulant des propositions susceptibles d'initier une stratégie nationale de lutte contre les actes antireligieux.